[EDITO] DU « JOURNALISME SOCIAL ET HUMANITAIRE »…A LA COMMUNICATION RESPONSABLE

De ce que j’ai pu lire, ça et là, de ce que j’ai pu entendre, et enfin de ce que j’ai pu en déduire, le journalisme social et humanitaire se situe à la croisée des chemins entre journalisme politique, économique et journalisme de société. Il est même transversal dans la mesure où quasiment aucun secteur n’échappe à son influence. Tout, absolument tout est d’abord phénomène social ou culturel avant qu’on ne lui trouve une spécificité, une démarche épistémologique.

A ce sujet, on peut observer une ligne de démarcation pas très nette entre deux notions pourtant essentielles : le social et l’humanitaire. Ainsi, apprend-on, qu’ils sont à la fois liés et bien distincts. Liés, en ce sens qu’ils ont la même finalité, c’est-à-dire le bien-être des populations. Distincts, dans la mesure où l’assistance humanitaire induit des incapacités liées à une catastrophe naturelle, à un conflit quant le social concerne un fait dans un territoire donné. De plus, l’humanitaire a un caractère urgentiste, momentané (d’où la notion de crise) alors que le social s’inscrit dans la durée (on parlera ici de fracture, de disparité sociale). Enfin, au nom des droits de l’homme, l’humanitaire procède souvent de la solidarité internationale là ou le social incombe d’abord à l’Etat, aux collectivités territoriales ou aux individus qui peuvent être assistés par des partenaires (société civile, système onusien…)

Ceux qui regardent le journalisme sous le prisme déformant des ragots et de la quête effréné du scoop doivent comprendre que l’enjeu ici, c’est d’en appeler à la responsabilité de tous. De nouvelles approches journalistiques comme le fact checking et le journalisme de données sont nés à cet effet. Ces dernières années, la spécialisation a investi le milieu des médias car les préoccupations sont multiformes : la santé, la sécurité,l’environnement, les technologies, les énergies renouvelables, le climat, les relations internationales, les questions de genre…Au nom de quoi, il serait malséant de mettre en lumière les bons élèves de l’humanitaire et du social ? De montrer les bons exemples en matière d’initiatives individuelles et collectives ? En fait, la communication a un rôle à jouer pour aseptiser le secteur de l’humanitaire. On ne peut pas, d’emblée, accorder à ceux qui interagissent dans le secteur un blanc seing systématique. Surtout, n’allez pas croire que le milieu n’a pas ses problèmes, ses difficultés, sa part d’ombre…

Finissons justement sur la notion de communication responsable qui  renvoie aux 17 Objectifs du Développement Durable et à la Responsabilité Sociétale des Entreprises. Elles sont assorties, indique Béatrice Jalenques-Vigouroux, Maître de conférences à l’Institut français des sciences appliquées de Toulouse, sur deux principes  de dimensions communicationnelles. A savoir, les principes de transparence et de participation. On les retrouve dans le principe 10, de la déclaration de Rio en 1992. « Chaque individu, lit-on, doit avoir dûment accès aux informations relatives à l’environnement que détiennent les autorités publiques, y compris aux informations relatives aux substances et activités dangereuses dans leurs collectivités (principe de transparence) et avoir la possibilité de participer aux processus de prise de décision. Les Etats doivent faciliter et encourager la sensibilisation et la participation du public en mettant les informations à la disposition de celui-ci ». Notons, au passage, que la Côte d’Ivoire est signataire de ce pacte mondial depuis juin 1992. Elle l’a ratifié le 20 novembre 1994. Ceci, « afin que nul n’en ignore » comme disent les praticiens du droit. Sur ce qui a été fait et ce qui ne l’a pas été, tout un vaste chantier s’ouvre. Et c’est tout le sens de la plateforme média que nous vous proposons.

Sylvain MEL




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