Education : A Abidjan, un colloque scientifique interroge l’apport des langues au développement durable

Entre les langues et les problématiques de développement durable, il y a un lien plus qu’évident. C’était le fil rouge d’un colloque scientifique qui s’est tenu les 26 et 27 novembre 2019 à l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan autour du thème : « Formes de langages et culture(s), et formes de développement ».

Que ce soit en matière de bonne pratique sur des questions d’environnement ou de santé publique, ou encore de sensibilisation autour d’une pandémie, est-on sûr que le message passe vraiment ? Dans ces réalités socio-économiques et culturelles qui sont les nôtres sur le continent africain ? Des enseignants-chercheurs  ont creusé la question. Situant le cadre scientifique du colloque, le professeur Silué Jacques observe que : «  tout se passe comme si, les sciences dures contribuaient à dégrader l’environnement avec une effrayante efficacité et que les sciences douces se proposaient de modérer les acteurs de la destruction et à proposer la réversibilité des comportements salvateurs ».  Ainsi, la Culture, la philosophie, la linguistique et la communication, deviennent  les clés d’une approche qui marche en matière de promotion du développement durable. En effet, selon les panelistes, tout réside dans le vrai message porté à l’endroit de populations peu ou pas instruits. Lesquelles populations sont soudainement abreuvés à la source de concepts jamais appréhendés dans leur vécu local. «  Nul n’est jamais sachant de tous » s’est épanché un paneliste, d’un large sourire.

Langues appliqués au développement durable

« La langue est un système extrêmement complexe, qui soulève des problématiques, des thématiques en rapport avec les interrogations scientifiques » dira, le Professeur ABOA Alain, vice-doyen de l’UFR Langues Littératures et Civilisations, avant d’ouvrir ces travaux scientifiques. Instant tout indiqué pour Jean-Philippe Zouogbo, Maitre de conférences à l’Université de Paris, de proposer le fruit de ses réflexions sous la forme d’un projet hautement transversal, baptisé « langues appliqués au développement durable ». L’universitaire milite pour un mode de formation et d’enseignement en adéquation avec l’environnement africain. Le disant, il évoque ce qu’il appelle, le « langage de spécialité », estimant qu’ « il s’agit là, d’un outil de  communication et de développement ». Selon plusieurs études ou rapport que le jdh.com a pu consulter, les départements de langues pâtissent trop souvent en Afrique subsaharienne d’une raréfaction de débouchés. « Nous devrions, absolument orienter les langues vers  les problématiques propres à l’environnement africain (…) celui qui est au cœur de la communication lié aux problématiques de développement, c’est le spécialiste de langue et de culture» indique-t-il, avant de conseiller aux étudiants de s’intéresser à des débouchés comme ceux d’intermédiaire linguistique ou de rédacteur  technique. Des métiers en plein essor, à l’en croire, sur le vieux continent.

 Si l’Afrique, est le parent pauvre du développement durable, c’est peut être ici que s’amorcera la vraie révolution du savoir. Afin que le bilan des 0MD de 2000-2015, ne puisse pas ressembler à celui des ODD qui court jusqu’en 2030.

Sylvain MEL




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *