Leadership : Le Pr Mohamed Tahiri forme les femmes du réseau Afrique Femmes Initiatives Positives (AFIP) à l’Innovation.

Pr Mohamed Tahiri est formateur et expert en Innovation et en entrepreneuriat durable. Il enseigne à l’université Hassan II de Casablanca. A l’initiative du Bureau Afrique du réseau international Afrique Femmes Initiatives Positives (AFIP), il a dispensé une formation en ligne à plus plusieurs de femmes leaders, les 10, 17 et 24 octobre, sur le thème « du besoin au projet ». De l’intérêt aux enjeux d’une telle formation, à travers cet entretien, ensemble nous faisons un tour d’horizon sur son intervention.

JDH : Pr Tahiri, qu’est-ce que l’innovation et en quoi peut-elle aider à promouvoir, à valoriser et à améliorer la condition de la femme africaine contemporaine ?

PT : J’ai effectivement effectué trois formations sur trois semaines pour les femmes du réseau AFIP, les femmes afipiennes se trouvent un peu partout dans les pays africains tels que la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Tchad, le Togo, etc. L’innovation c’est quand on est capable d’améliorer un produit, un service où une procédure pour qu’il puisse un succès et s’ancrer dans le marché. C’est-à-dire qu’il ne faut pas innover sans pouvoir augmenter le pouvoir d’achat de la population. Donc c’est entrée au marché et faire quelque chose de réel. C’est ce que j’appelle moi, pour innover, il faut oser. Et innover c’est rêver les yeux ouverts. Donc c’est fabriquer de choses qui sont capables d’attirer la clientèle et d’être vendu de plus en plus. Alors les exemples sont nombreux. Vous avez vu Uber par exemple qui a tout simplement remarqué qu’il n’y a pas suffisamment de taxi à Paris, de là il est parti chez lui, il sorti l’idée, il l’a protégée par un brevet et il a ouvert donc le système Uber à travers le monde.

JDH : Les femmes du Réseau international Afrique Femmes Initiatives Positives (AFIP) ont bénéficié d’une formation en ligne sur le thème « du besoin au projet », succintement, en quoi cette formation a-t-elle consisté ? Les pensez-vous maintenant mieux outillées pour réaliser leurs projets ?

PT : Effectivement, j’ai donné trois formations, la première consistait à stimuler les femmes de l’AFIP à l’innovation, c’est-à-dire leur dire comment innover et quand faut-il innover et comment avoir un esprit d’innovateur ? C’est-à-dire quelqu’un qui travaille nuit et jour avec des idées nouvelles et quelqu’un qui contemple la nature, quelqu’un qui a un éveil un peu particulier, qui capitalise sur ce qu’il sait, qui essaye d’apporter du nouveau. Qui fait beaucoup de belles choses. Donc c’est quelqu’un qui innove. C’était la première conférence. La deuxième conférence a consisté à mettre sur papier un projet innovateur. En l’occurrence, comment remplir, ce qu’on appelle le business model CANVAS ? C’est un business model qui a été élaboré par Osterwalder (Alexander) et qui est utilisé un peu partout dans le monde parce qu’il résume tous les secteurs qui sont liés à ce projet. Et donc ça aide les femmes africaines à concentrer leurs idées et à résumer pour savoir si elle porte une idée viable qui peut être appliquée dans le marché ou pas. La viabilité de ce projet dépend justement de comment on a eu la  pertinence de remplir, le business model CANVAS, c’est très important. La troisième conférence, elle consistait a donné aux Afipiennes quelques dizaines d’idées sur les niches d’entrepreneuriat durable en Afrique, par exemple les plantes médicinales et aromatiques, le recyclage du verre, du plastique, du papier, le recyclage du jean usagé qu’on trouve dans les friperies pour faire des sacs à mains, les cartables pour ordinateurs, les cartables pour enfants de l’école, les trousses. Les sacs à main de femme qu’on peut combiner avec des tissus burberry et ça devient très à la mode. On a parlé de comment faire du biogaz dans un quartier, donc récupérer l’énergie  à partir des déchets ménagers et des déchets des animaux, et en faire un gaz qui brûle et fait la cuisson, etc. Nous avons donc abordé un certain nombre de secteurs qui peuvent trouver une application directe avec le matériel disponible sur place. Ça ne nécessite pas de la haute technologie et ça permet aux femmes de se dire mais pourquoi pas ? On a trouvé par exemple une femme qui voulait faire des épices. C’était extraordinaire. Les épices parce qu’on en trouve pas lorsqu’on change de pays, on peut donc les acheter, on peut demander les épices marocaines, ivoiriennes, africaines, les épices indiennes, du moyen orient etc. Ainsi, on mange notre plat selon le goût souhaité.

JDH : Concrètement, que peut donc apporter une  formation  sur l’innovation à une association comme l’AFIP-Afrique dans son utilité sociale, sa coopération et son ancrage local ? 

PT : Evidemment, AFIP est bien ancrée dans plusieurs pays d’Afrique, elle peut absolument avoir un impact très positif sur les femmes qui constituent les bureaux nationaux de l’AFIP-Afrique dont Madame Lezou-Koffi est la Présidente. D’ailleurs j’ai répondu très favorablement pour coopérer avec Madame Lezou, parce que je suis un homme engagé qui veut faire pousser la bonne graine sur la terre fertile que représentent  les femmes africaines. Et justement, elles écoutent, elles sont très attentives et je crois que AFIP peut absolument faire diffuser le maximum d’idées de ces conférences que j’ai donné bénévolement et gratuitement pour toutes celles qui veulent les écouter. Pour qu’évidemment l’AFIP puisse justement diffuser toutes ces connaissances et toutes ses valeurs aux femmes africaines. Ça peut leur profiter, en aidant les femmes indépendantes à faire des startups, à créer leur propre startups, des femmes de coopératives à créer un secteur d’activité qui ramène beaucoup d’argent comme celui des plantes aromatiques et médicinales, d’aider les ONG à rédiger un très bon projet qui peut avoir un financement d’un organisme international. Et tout cela, avec l’AFIP peut donner des résultats très positifs.

JDH : A l’issue de cette formation qu’avez-vous retenu de vos auditrices et quels autres conseils pourriez-vous leur donner ?

PT : En ce qui me concerne, j’ai eu beaucoup d’écoute, nous nous sommes séparés à la troisième formation presque sur de la joie avec je dirai même des pleurs. Toutes les femmes ont adoré ce qu’elles ont appris avec moi. Il y a eu une très bonne entente et une très bonne ambiance de travail. Je crois que grâce à ça nous allons pouvoir garder de très bonnes relations. Et j’ai promis à toutes les femmes qui portent des idées et qui m’ont envoyé déjà leur premier draft de CANVAS BM (business model), de les suivre et de les coacher jusqu’à la réalisation la mise en œuvre de leurs idées ou la mise en pratique de leurs idées. Je vais donc pouvoir suivre avec elle, par whatsApp et par e-mail. Et pourquoi ne pas intervenir encore une fois en conférence pour les guider et pour les aider à développer et à les concrétiser et à mettre en pratique cette créativité très importante. La femme africaine est très créative, il suffit de la stimuler, de lui donner des idées, je sais que ça va éclater, par rapport aux femmes qui m’ont écouté, ça va éclater parce qu’elles ne cessent pas de réfléchir, elles ont déjà trouvé des idées très pertinentes et très créatives. Et comme on dit, lorsqu’il y a une réactivité positive, comme je le leur ai dit, on doit être tous café. Alors si on met un œuf cru, une carotte et du café devant un ennemi commun qui l’eau bouillante, l’œuf cru durcit et donc rejette l’eau et il dit : « tu n’obtiendras rien de moi. J’ai durcit donc ce n’est pas la peine que tu essayes de me faire mal ». La carotte par contre elle pleurniche et elle dit : « tu m’as bousillé ma vie, j’étais très dure et je suis devenue très molle, que Dieu te mettes en enfer… » Donc c’est une pleurnicheuse, elle n’a rien fait finalement. Mais celui qui a réagi positivement c’est le café, il dit : « toi, tu ramènes ta chaleur et moi je ramène mon arôme et tous les deux on va faire un produit qui coûte cent fois plus cher que le pétrole ». Et c’est vrai donc, 50cm3 de café coûte 1 euro. C’est 20 fois qui font 1L, donc 1L fait 20 euros. Donc vous imaginez un litre qui fait 20 euros et que dire d’un baril de pétrole. C’est rien du tout, un baril de pétrole, c’est 160L. Donc c’est comme j’ai dit, c’est très cher le café par rapport au pétrole. Donc le café a su faire un deal et je leur ai demandé aux femmes, qu’est-ce que vous êtes maintenant ? Elles ont dit : « nous sommes café. Nous devons faire des deals même avec les ennemis, nous devons créer, initier, travailler avec nos méninges pour faire de la créativité, de l’innovation et aboutir à des projets innovants. J’espère que j’ai transmis le message. Je m’engage, corps et âme  aux côtés de ces femmes africaines pour les aider à réaliser leurs rêves et mettre en œuvre leur créativité et puis pour leur faciliter la tâche quant à par exemple, la vulgarisation de la technologie. C’est extrêmement important d’être un conseiller pour les femmes africaines, elles sont intelligentes, elles ont un courage de fer et je sais qu’on va gagner le pari. Ça va s’élargir certainement, ce groupe-là va pouvoir aller loin, s’il y a encore de la bonne volonté de vouloir franchir les gaps, franchir les frontières difficiles, les problèmes et leur trouver des solutions réalisables et viables. Merci beaucoup.

           Témoignages et impressions d’auditrices à l’issue de cette formation

                                                            Prisca SAHIRY

Vice-présidente de l’Africa Femmes Initiatives Positives (AFIP) Côte d’Ivoire Commissaire Générale de la convention AFIP 2021 pour la Journée Internationale de la Femme Africaine (Gabon)

Emancipation et innovation, après cette formation, quel sens revêtent ces mots pour vous ?

La formation du Prof Tahiri a porté sur une question que nous traitons de manière quotidienne dans nos vies, à savoir : quel est le problème et quelle solution apporter ? Transposée dans le domaine de l’entreprenariat, y répondre montre une forte corrélation entre « innovation » et « autonomisation ». En effet, l’innovation qui est la recherche constante d’améliorations de l’existant, amène à une remise en cause permanente des constats et des besoins. Ceux-ci étant solutionnés, la valeur ajoutée génère de nouvelles sources de satisfaction et de revenus.

Conscients que l’autonomisation est un processus par lequel une personne ou une collectivité acquiert la capacité de s’affranchir d’une dépendance d’ordre social, moral, financier ou intellectuel, l’innovation devient ainsi un outil incontournable.

Au cours de son intervention, des cas pratiques ont été présentés. Simples, accessibles et tirés du quotidien, ils ont permis de montrer que l’innovation réside dans le fait de changer de perspectives sur notre environnement pour nous défaire des contraintes inhérentes. Cela rentre ainsi en droite ligne avec la philosophie de l’Africa Femmes Initiatives Positives (AFIP) initiatrice de cette formation, en partenariat avec le Professeur Tahiri. Car que l’innovation soit appliquée en entreprenariat ou dans d’autres domaines de la vie, elle favorise l’épanouissement et la mise en valeur de la femme par sa créativité.

Faramammiè KADJE, Présidente de l’Africa Femmes Initiatives Positives (AFIP) TOGO

Qu’avez-vous retenu de cette formation à laquelle vous avez participez ?

Ce que j’ai retenu de la formation du Professeur TAHIRI “du besoin au projet” qui a eu lieu par Zoom les Samedis 10, 17 et 24 octobre 2020, formation offerte par AFIP Afrique, c’est qu’il faut toujours sonder autour de soi pour détecter les besoins afin de créer des projets innovants en vue d’impacter son milieu et voire le monde. Nous les femmes, ne devons pas rester passives, mais nous avons le devoir impératif de nous mettre au travail pour pouvoir atteindre des résultats probants et surtout pour sortir de la précarité.

Nous remercions sincèrement notre Présidente Afrique, Professeur LEZOU-KOFFI Danielle pour sa volonté manifeste de nous motiver à aller de l’avant. La formation du Professeur TAHIRI nous beaucoup édifiées, car c’est d’un très haut niveau. Nous sommes dans l’optique de mettre rapidement ce que nous avons appris en pratique pour nous-mêmes et pour le compte de notre association.

Liliane Sakina YUMA Présidente de l’Africa Femmes Initiatives Positives (AFIP) RDC

Selon vous est-ce qu’il y a de l’innovation dans l’action et la démarche de l’AFIP-Afrique ? Si oui, Comment se manifeste-elle ?

Je tiens tout d’abord à féliciter la présidente Internationale Madame Marie Thérèse M’BOUA NGUESSAN sur le choix porté sur le Professeur Danielle Aimée Lezou-Koffi à la tête de AFIP AFRIQUE. Depuis qu’elle est à la tête de cette structure, elle brille dans l’accomplissement de ses rêves de voir toutes les Femmes, Responsables, Engagées, Epanouies de l’Afrique se démarquer chacune dans son domaine respectif. Comme une vraie Leader, elle a regroupé toutes les femmes d’AFIP AFRIQUE autour de la première convention de la Journée Internationale Femme Africaine (JIFA). Ce grand RDV nous a plus rapproché et a créé une solidarité agissante au sein de nos membres. L’initiative de donner des cours en ligne en collaboration avec l’ambassade des USA en Côte d’Ivoire sur différents thèmes de l’exercice de Leadership fût un grand succès et nous a permis de le mettre en pratique dans nos différentes actions sur terrain.

Un cadeau dont le prix reste inestimable, les cours dispensés par l’éminent Professeur TAHIRI avec comme thème: Du besoin au projet. Un Diamant que la Présidente Afrique vient de nous offrir.

Le souci de créer une synergie dans les pays où AFIP est implanté en propulsant les projets innovants pour l’autonomisation de la femme. Tel est le souci majeur de notre Présidente.

La création et l’implication directe de la présidente Afrique dans les groupes whatssap pour nous booster et nous coacher, tels sont les innovations apportées par notre leader qui draine derrière elle tout un monde des femmes prêtes à décoller avec des projets innovants qui seront concrétisés et présentés à la prochaine JIFA 2021 au Gabon. VIVE AFIP INTERNATIONAL, VIVE AFIP AFRIQUE.Propos recueillis par Yves YOUANT

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